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Patrick Apel-Muller 2008/02/27

Editorial

L HUMANITÉ

Non. L'effondrement de la popularité de Nicolas Sarkozy ne s'explique pas seulement par les péripéties de sa vie conjugale, les cadeaux sous forme de vacances somptueuses qu'il reçoit de chefs d'État étrangers ou de milliardaires, ni par ses débordements entre vaches et cochons. Les prestations présidentielles et sa conduite de l'État abaissent bien sûr la fonction et heurtent la fibre républicaine que son élection l'an dernier n'a pas tranchée. Ses amis ont beau chercher, pour maintenir le bateau UMP à flot, à colmater les voies d'eau, répétant qu'il s'agit d'un simple problème d'image, le calfat ne tient pas. Notre sondage l'atteste: avec 81 % de nos concitoyens qui jugent qu'ils ont perdu du pouvoir d'achat durant les douze derniers mois, ce sont ses promesses électorales qui lui reviennent à la face. Il ne suffit pas de jouer une sitcom aux Français quand les fins de mois sont si difficiles pour les salariés. La fable des heures supplémentaires qui allaient redresser la situation ne prend plus. Les multinationales encaissent des profits comme jamais, rackettent les consommateurs avec des hausses de prix faramineuses... et c'est encore à leurs dirigeants que le gouvernement Sarkozy a destiné le paquet fiscal de l'été !

Les commentateurs doivent s'y faire. La crise de confiance va au-delà des prestations tapageuses d'un président qui se lâche une fois arrivé à l'Élysée. Près de 60 % des Français, selon un autre sondage, sont insatisfaits de la politique économique gouvernementale. (...)

Pour l'heure, le gouvernement n'agite qu'un sabre de bois et se refuse à bloquer les prix des produits de première nécessité. Les affaires sont les affaires, pense la droite. Et ses amis du CAC 40 sont des amis qu'elle ne souhaite pas froisser. Roulement d'épaules et doigt tendu, Nicolas Sarkozy gronde qu'il va «porter le fer là où ça fait mal», et François Fillon annonce une «opération coup de poing». Mais le premier ministre refuse la proposition communiste d'une baisse de la TVA pour alléger les difficultés des familles populaires. (...)

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